Présentation Expression Primitive
L’Expression Primitive a été fondée en 1969 par Herns Duplan.
Loin d’être une simple forme d’expression, il la définit comme une démarche et une recherche en constante élaboration :
« Expression Primitive, thème de mes recherches, n’est pas, et ne pourra jamais être un produit fini. C’est un objectif vers lequel tendre, qui met en jeu le corps dans tout son potentiel d’expression. »
Né à Haïti en 1937, formé en théâtre, musique, chant et danse, Herns Duplan a mené une carrière artistique internationale, notamment au sein de la compagnie de Katherine Dunham aux États-Unis, tout en suivant des études en anthropologie.
Installé en France à partir de 1970, il a partagé sa vie entre la scène et la pédagogie.
Sa démarche est le fruit d’un métissage profond, à la recherche de l’universalité contenue dans les modes d’expression les plus divers. Il disait :
« Ce n’est pas de la danse que je vous propose, c’est au-delà. Je ne suis pas danseur. Je suis autant acteur, musicien, chercheur, “viveur” de mon corps. Si je suis danseur, je le suis de la vie, de ma vie. Mais ce n’est pas un métier, c’est un état. »
L’Expression Primitive est une démarche anthropologique qui conduit l’individu à une recherche de sa propre genèse : rencontre du corps avec ses sources, rassemblement des énergies à vivre, déploiement de l’imaginaire, libération des émotions, sans passer par des techniques trop élaborées.
Herns Duplan précisait le choix de ce nom :
- “Expression” : faire relief, extraire quelque chose du chaos, du « niveau zéro » avant même Chronos.
- “Primitive” : ce qui est originel, premier, fondamental.
S’appuyer sur le corps comme premier relief de la vie, pour s’exprimer du minimum au maximum de ses possibles.
Lors de ses ateliers et stages ouverts à tous, Herns Duplan invitait chacun à vivre son expérience “là où il en est”, dans une recherche autonome, avec un minimum de structure pour un maximum d’exploration.
Ce que j’ai expérimenté auprès de lui, c’est apprendre à connaître et habiter de plus en plus mon corps comme un corps-instrument, vivant l’interprétation de « l’écoulement du temps ».
Riche de cette rencontre avec Herns Duplan, je poursuis aujourd’hui ce chemin en proposant à d’autres des espaces et des temps d’exploration.
Habiter son corps, s’ancrer dans la pulsation, éveiller l’imaginaire, être présent à soi, aux autres, au monde.
C’est pour moi un engagement : prolonger le vivant de cette recherche, toujours en mouvement et en expérimentation.